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Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.

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Délit d'élitisme..?

(Compte-rendu de la première corrida des Fêtes de Dax, 12 août 2007)

Vu du 4ème rang des tendidos ombre couverts : 49 €)

 

 

J’ai éprouvé un curieux sentiment au cours de cette corrida. Le niveau de tauromachie de José TOMAS a été très élevé, avec une simplicité, une technicité une pureté rare. Et si les chiffres traduisent un triomphe, j’ai l’impression diffuse qu’une proportion importante du public n’a pas saisi l’importance, la valeur du toreo pratiqué. J’en veux pour justification l’enthousiasme exagéré pour la deuxième faena de CASTELLA qui était pourtant, et la faible qualité du toro en est également responsable, très moyenne. Alors le toreo de José TOMAS présente-il désormais un dépouillement, une rigueur, une beauté trop froide pour séduire vraiment l’ensemble du public ? Entre les faenas de quantité ou de qualité, entre le toreo qui base son succès en faisant peur aux spectateurs et celui qui mise sur la profondeur, il ne faudrait pas que l’aficion se fourvoie…

 

 

________________________

 

 

L’histoire commence par une bronca peu banale, celle qui accueille les alguaciles à la suite de l’ «affaire Boutet» qui agite le microcosme dacquois suite à l’éviction de l’alguazil qui officiait depuis vingt-cinq ans en ces lieux. Tempête dans un verre de rosé…

 

 

Revenons aux choses sérieuses. Les Antonio BAÑUELOS étaient bien présenté, armés sérieusement hormis le second. Pelages noir ou castaño, certains frisés au niveau du morillo, bref un joli lot.

 

 

Au moral, un premier compliqué à gauche, un deuxième noble mais un peu juste de forces, un troisième mou, un quatrième noble mais s’éteignant très vite à la muleta, un cinquième excellent et un sixième noble mais fade.

 

 

On piqua peu, voire très peu et précautionneusement des toros sans grande qualité pour l’exercice, seul le sixième prenant la pique avec quelque style.

 

 

LE FUNDI reçoit le premier avec sérénité à la cape. Le toro semble un peu faible à la sortie du quite par chicuelinas. Le matador prend les palos et les pose comme d’habitude, médiocrement. Joli début par doblones genou plié. Ensuite, nous verrons des séries à droite souvent accrochées, le toro ayant la tête mobile et la relevant en fin de passe dans les séries à gauche. Fin de faena où le toro ne passe presque plus, embryon de redondos où le toro charge au ralenti, à mi-hauteur. Pas vraiment passionnant mais le gentil public dacquois à l’air d’aimer. Une entière portée avec décision et efficacité fait fleurir les mouchoirs. Le Président Eric Darrière finit par lâcher l’oreille.

 

 

José TOMAS avait du saluer à l’issue du paseo (avec ses compañeros qu’il avait bien sur invité à partager l’ovation). Son toro sort un peu distrait. Véroniques correctes et une demie accrochée par la corne gauche. Malgré le picotazo, le toro s’affale sous le cheval. Quite de José TOMAS par trois tapatias impavides et distinguées. On ménage le faiblard aux palos avec seulement deux paires.

Pas de brindis, le matador plante ses pieds au niveau des cercles au sol. Le regard incliné vers le sable, il appelle le toro à une quinzaine de mètres. Suivent trois statuaires où seul les bras du torero vont légèrement bouger pour faire passer le toro. Une trinchera de cartel pour clore ce début. Superbe. Suit une série à droite, verticale et un pecho sans changer de position. Deuxième série à droite où le toro accroche la muleta. TOMAS, au centre prend la gauche, avance la muleta pour trois naturelles douces, longues, lentes, conduites. Deuxième série accrochée. Après un changement de main subtil, autre série à gauche pour deux très bonnes naturelles et deux accrochées. Le toro est repris à droite pour trois derechazos mais le voyage est plus court. Quatre manoletinas altières et une passe du mépris pour conclure. La musique que le président avait lancée, à tort à mon sens, avait été stoppée depuis longtemps et personne ne s’en était aperçu. Une entière d’effet très rapide et oreille d’un autre poids que celle du FUNDI…

 

 

Sébastien CASTELLA ne peut que canaliser, sans briller, la charge brouillonne du castaño troisième. A l’épreuve de la pique, le seul châtiment sera de pousser, la pique étant seulement posée sur le toro. Trois chicuelinas plus serrées qu’élégantes. Rapide tercio de palos et faena comportant cinq séries à droite et une à gauche sans vibration, le toro se montrant mou et chargeant sans humilier. On termine avec les difficultés actuellement classiques du français : deux pinchazos avant un avis, puis un pinchazo et une entière en avant. Le toreo de CASTELLA ne peut fonctionner vraiment qu’avec une charge agressive, encastèe. Quand ce n’est pas le cas…Applaudissements des fans.

 

 

Le toro le plus lourd (552 kgs) sort pour le FUNDI, un autre castaño bien armé. Le matador réalise des parones pour recevoir une charge claire. A la mise en suerte le toro lorgne vers le picador de réserve qui se trouve dans sa querencia. Il prend une pique là où on veut le mener mais finira, malgré tous les efforts par aller se colleter avec le piquero opposé. Banderilles habituelles du FUND. « Regular » dirons-nous… Brindis aux compagnons de cartel et début de faena prometteur avec une bonne série de derechazos et un pecho vibrant. On se frotte les mains, on espère et tout d’un coup, panne de courant, plus de moteur, le toro ne passe plus ! Il y aura bien quelques séries anémiques au ralenti, désespérantes par la limite du toro changé en bloc de marbre. Porfia, desplante bref tout ce que l’on peut faire quant il n’y a plus d’espoir Une quasi-entière pasada. Salut au tiers compatissant.

 

 

Sortie très vive du cinquième, castaño aussi, bien armé également. TOMAS comprend aussitôt et sort pour une série de véroniques mains basses, mandées, rytmées. Pique poussée avec la tête, à mi-hauteur du peto. Le matador demande le changement. Tercio de banderilles express.

Brindis au public, donné au centre et avec retenue. Le toro est amené au centre avec douceur.

Début à droite par quatre derechazos où la muleta, maniée avec une légèreté aérienne, agit comme un sortilège. Puis une autre série à droite avec un redondo interminable suivi d’une trinchera pour « quitter » le toro. Début à gauche où la série comporte quelques accrochages de muleta et des naturelles aussi longues que conduites. Nouvelle série à gauche où le torero, citant de dix mètres, avance la muleta devant lui et embarque le toro, magnétisé, pour quatre naturelles interminables. La passe de pecho est de même qualité. Nouvelle série à gauche, à la troisième passe, le toro va accrocher la muleta en fin de naturelle et là, un subtil coup de poignet, quasi-imperceptible va enlever l’étoffe de la corne. Reprise à droite : circulaire parfaite quand le toro s’arrête au niveau de la jambe de sortie. La pointe de la corne se trouve à dix centimètres du mollet droit. Le toro hésite, le torero non. Sans rompre d’un seul millimètre, José TOMAS toque et le toro choisit la muleta. Quatre sobres aidées par le bas pour paraphraser l’œuvre. Une épée entière portée avec lenteur, d’effet rapide. Deux oreilles on ne peut plus méritées mais dont finalement on se fiche bien, le bonheur se situant ailleurs.

 

 

Sebastien CASTELLA sent qu’il faut faire quelque chose pour remonter le moral de ses supporters et démontrer qu’il existe. La charge du toro lui permet d’aligner une série de véroniques mains basses techniquement bien réalisées mais sans sentiment. Le toro pousse fort l’unique pique et fait, par son allant, briller les banderilleros qui saluent. Au vu du brindis plein centre, on devine la suite : pendule devant, derrière, devant et passe du mépris pour terminer. Deux séries à droite sans transmission, la charge fade du toro en étant responsable. Nouvelle série à droite mais une génuflexion gâche l’enthousiasme public. Suivra une série à droite affectée par la mollesse du toro. A gauche, la charge se montre courte. A citer trop près, la série finit par un désarmé malvenu. On finit par un classique redondo inversé et du toreo encimiste. L’oreille est à portée d’épée. Que va-t-il se passer ? Sempiternel échec ou estocade décidée ? La vérité sera au milieu, ou plutôt nettement sur le coté avec un bajonazo. Normalement, ce genre d’épée condamne tout espoir sauf à Dax où le public aime le succès par-dessus tout. Pétition importante, voire majoritaire. Eric Darrière cède logiquement, oreille.

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B
ouais suis ok  jose tomas a sorti le pied a coulisse et castella a lisser ta notoriete....degout et des douleurs
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P
merci bronco pour ce commentaire très précis.<br /> tu as tout de même eu de la chance de pouvoir assister à cette corrida car, d'après sud-ouest, 5000 personnes n'ont pû être servies
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B
Un coup de chance comme il en arrive parfois , à savoir de rencontrer il y a deux mois une personne qui avait plusieurs places et qui nous a propsé deux...