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Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.

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L'honneur des Yonnet

Pour une fois, il convient de commencer par la conclusion. Les toreros sont partis, le public est debout, encore sous l'émotion du dernier combat. Un homme traverse la piste depuis le patio de caballos jusqu'à la barrera située à droite de la présidence. Là, il fait signe à une dame, que l'on devine émue, de le rejoindre dans l'arène. Il n'en faut pas plus, l'arène a compris qu'il s'agit de Mme Yonnet et l'ovation redouble. Timidement, elle rejoint le sable par une petite porte et doit saluer sous l'ovation. Avec une grande dignité et retenue,  avec une modestie élégante, elle entame une vuelta où l'on lit des remerciements sur ses lèvres devant les bravos unanimes et enthousiastes des spectateurs tous restés sur les gradins.

 Quelle est la raison d'un témoignage aussi fort du public, d'une émotion aussi partagée ?

 Simplement la vie, le combat et la mort d'un véritable animal plein de force, de caste et de noblesse, un novillo dont la caste enragée crée la même émotion chez tous: du vieil aficionado revenu de tout jusqu'au spectateur novice. A ce stade d'intensité dans le combat, le ressenti fait  fi de tout ce que l'on sait ou que l'on ne sait pas, la vérité, l'authenticité, l'essence de la Fiesta Brava s’impose à tous les esprits, sans distinction.  

 

 

 

 

 

« Cassaire », le sixième novillo lidié a livré un combat admirable. Une première pique plaquant le cheval contre les planches la tête dans le callejon, une deuxième poussée fortement avec un impact aussi violent que le premier, une troisième renversant le cheval sur le contact et s'acharnant, sans le blesser, sur l'animal, une quatrième enfin où l'ardeur du novillo ne diminuait pas. Il met en déroute les banderilleros, les poursuivant jusqu'aux planches pour les contraindre à des sauts aussi piteux que paniqués. Dans la muleta, on le vit rendre au terme « charge » sa véritable signification: un départ impétueux pour s'engouffrer avec une force impressionnante, un élan à la fois réfléchi et spontané conférant à chaque passe un grand pouvoir émotionnel. Avec une épée entière faisant suite à une estocade en arrière et un pinchazo, il poursuit, désarme et met en danger un peon arrivé imprudemment. Il finit par se rendre au pied du toril où il s'agenouille. Un puntillero s'approche et lui donne le coup qu'il pense être de grâce. Tel un diable sorti de l'enfer, le novillo se relève d'un bond et met en fuite l’inconscient  ! Enfin il se couche comme pour signifier qu'il veut bien mourir, oui, mais sans s'être rendu.

La vuelta, évidente, est follement applaudie et les mules, comme un hommage, exécuteront seules, une élégante figure pour soustraire à nos yeux, mais pas à notre mémoire, « Cassaire », un de ces rares fauves dont la classe font à jamais les souvenirs émus des aficionados.

 


 Hormis ce rare final, le lot de novillos était disparate. Bien présenté, armé sérieusement, les comportements furent les suivants: un premier faible, mansote, chargeant à mi-hauteur et se retournant vers le torero à mi-passe; un deuxième à la charge sans grand défaut mais de peu de transmission, un troisième très bon sur la corne droite mais au voyage plus court à gauche; le quatrième d'une grande noblesse, un peu fade cependant; le cinquième compliqué et violent, avec des retours très secs après les passes. 12 piques au châtiment parfois mesuré, de part la faiblesse de pattes de certains novillos.

 

 Raul CUADRADO fit illusion face aux complications du premier mais démontra une absence totale d'engagement et de capacité artistique face au  trés tolérant quatrième.

  

  David MORA, pas très bien servi, bien à la cape mais un peu en dessous de ses possibilités au second, démontra aguante devant l'avisé cinquième. A noter en revanche qu'il fit office de véritable chef de lidia, le titulaire étant curieusement absent.

 

 

 Antonio AGUILAR Bien superficiel au troisième, il eut le redoutable honneur de lidier « Cassaire ». Repartir les mains vides face à un novillo honoré d'une vuelta constitue une sévère sanction. Si sévère que les sifflets accompagnants le torero à sa sortie m'ont paru bien cruels. Dans le cas de semblables échecs, le silence s'impose pour ne pas en rajouter à la détresse que l'on peut deviner.

 

 A noter une faute de goût, ou de sensibilité du président, qui demanda la musique lors du début de la fena au sixième. Le public ne comprit pas une telle incongruité car le spectacle en piste requérait attention et silence. Aguilar fit heureusement cesser l'orchestre.

Bronco

 

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R
A la lecture de tes commentaires, je n'ai pas noté de défauts majeurs à "cassaire" , mais au contraire des qualités exceptionnelles. Donc,quelles raisons ont fait que l'indulto n'a pas été évoqué ? Est-ce la "faute" au torero ?
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